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Que deviennent nos données numériques après la mort ?

L’héritage numérique : quel avenir pour nos données numériques après notre mort ?

En moyenne, on estime que toutes les 4 minutes, un internaute disposant d’un compte Facebook – décède.

Ses données numériques sont quant à elles, immortelles – donc encore accessibles à tous…

Certains de nos réseaux sociaux deviennent des cimetières virtuels, si les proches n’ont pas effectué de démarches.

Qu’y a-t-il de pire que de recevoir une notification sur votre frère décédé qui devait aujourd’hui fêter ses 50 ans ?

Une chose est sûre : après notre mort, nos profils sur les réseaux sociaux, nos photos, nos vidéos, restent actifs, si personne ne fait rien.

En réalité, il est important de prendre conscience du devenir de notre patrimoine numérique.

En particulier, si l’on a tendance à stocker tous nos souvenirs dans le Cloud.

Encore plus, lorsqu’on est investisseur en bitcoins, propriétaire d’un actif numérique (une œuvre d’art par exemple) – que notre portefeuille électronique est bien rempli.

 

Tout d’abord, les données numériques c’est quoi ?

En moyenne, 2,5 trillions d’octets de données sont crées tous les jours – en envoyant nos emails, en publiant nos vidéos et photos, en achetant en ligne, en utilisant la localisation des signaux GPS et bien plus encore.

Les données numériques sont les informations que le Big Data stocke. En nous connectant sur internet, nous créons des données et plus particulièrement des données personnelles.

La CNIL définit une donnée à caractère personnel comme étant « toute information relative à une personne physique susceptible d’être identifiée, directement ou indirectement ».

En créant vos identifiants sur les réseaux sociaux, vous constituez en même temps des données personnelles sur votre nom, prénom, votre date de naissance, votre adresse postale, votre adresse email.

Pour des sites plus spécialisés, vous allez indiquer votre numéro de téléphone, votre numéro de sécurité sociale et les identifiants de votre compte bancaire – on parle alors de données numériques sensibles.

Vos documents, vos photos, vos vidéos, vos commentaires constituent également des données personnelles numériques – bien plus encore : votre patrimoine numérique .

Le patrimoine numérique représente l’ensemble de nos données personnelles stockées sur Internet ou différents supports de données tel que le Cloud.

Vos données numériques sont systématiquement protégées par des mots de passe.

En fonction de vos appétences, voici ce que constitue un patrimoine numérique pour un internaute :

les comptes en ligne : vos comptes néo-banques (les banques mobiles Orange Bank, N26, Eko, Revolut), les services de crypto-monnaies (les bitcoins), les crypto NFTs (les jetons non fongibles).

Les comptes emails : la consultation de votre messagerie Gmail (avec Google) et Hotmail (avec Microsoft).

Les services en ligne : la sauvegarde de vos données sur le service Cloud.

Les profils en ligne : vos comptes Facebook, Twitter, Instagram, Youtube, LinkedIn, Snapchat et Skype.

Les serveurs et nom de domaines : Votre compte OVH ou les clés SSH d’accès aux serveurs

 

Quel est l’avenir de mes comptes numériques (réseaux sociaux, emails, comptes bancaires numériques, cryptomonnaies, NFTs), après mon décès ?

En cas de décès soudain, vos données personnelles restent en suspens : vos messageries continueront de recevoir des emails, vos amis, followers vont maintenir leur identification sur des posts, les prélèvements automatiques depuis vos comptes bancaires vont persister.

La vie numérique continue et pourtant vos héritiers vont devoir faire face à une multitude de démarches pour pouvoir récupérer votre patrimoine numérique.

Sans directives relatives à la conservation, à l’effacement et à la communication de vos données à caractère personnel après votre décès (article 63 de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique ) – vos héritiers ne pourront que clôturer vos comptes utilisateur (Loi Lemaire sur le droit à la mort numérique) ou transformer vos profils en pages commémoratives (pour les réseaux sociaux).

En l’absence de toutes informations relatives à vos comptes (nom de sites, mot de passe) vos données numériques risquent d’être perdues, oubliées ou piratées !

Par exemple, vous êtes un investisseur en cryptomonnaies (le Bitcoin, l’Ethereum, le Ripple et le Litecoin) si vous n’avez laissé aucune information concernant votre clé de déchiffrement pour avoir accès à votre portefeuille électronique, vos actifs numériques seront perdus à jamais.

Même chose, pour les NFT « Non-Fungible Token », vos jetons seront perdus si aucune directive à ce propos n’a été laissée de votre part.

Sans compter l’accès à vos comptes de banques mobiles (les néo-banques telles que Orange Bank ou Revolut), ces établissements ne sont pas toujours établis en France et inscrits aux fichiers des notaires – difficile donc pour vos héritiers ou le notaire qui gère la succession de retrouver les comptes.

Pire encore, vos vidéos, vos photos, vos documents importants stockés sur le cloud et votre compte email (ayant une grande valeur sentimentale pour vos proches) – ne leur seront jamais communiqués par les plateformes.

 

Quelles sont les solutions pour éviter de perdre tout mon patrimoine numérique ?

L’important est de bien préparer votre héritage numérique.

Pour cela, il vous suffit de suivre ces conseils :

Conseil n°1 : Constituer un patrimoine numérique clair.

Il est essentiel que de votre vivant, vous ayez déjà une analyse claire de ce qui est important ou non de garder comme profils et comptes internet. Prenez donc le temps de supprimer vous-mêmes les comptes qui vous apparaissent inutiles.

Conseil n° 2 : Créer votre testament numérique.

Tous les noms de sites, vos identifiants, vos codes d’accès, vos clés et adresses privées devront être notés rigoureusement.

Principalement lorsqu’il s’agit de vos actifs numériques et vos services de comptes bancaires en ligne.

Il est important d’envisager comment votre héritier va pouvoir récupérer votre mot de passe. Par conséquent, vous pouvez faire appel à des gestionnaires de mot de passe et transmettre le mot de passe maître. Cette solution n’est pas parfaite, puisque le mot de passe maître peut se perdre ou être utilisé à mauvais escient.

Vous pouvez tout aussi bien préparer une procuration de précaution, en laissant des traces du registre de vos transactions de cryptomonnaies. En indiquant la date des transactions, les reçus d’achats ou de transferts, la valeur de la cryptomonnaie au moment de la vente, les registres de portefeuilles électroniques, les adresses de cryptomonnaie, les frais comptables et juridiques.

Faîtes également savoir à vos proches vos souhaits à savoir : si vous souhaitez que l’on ferme certains profils et que vos albums sur le Cloud, leur soit transmis.

Choisissez et prévenez à l’avance par la même occasion, un exécuteur testamentaire.

Conseil n°3 : Optez pour un coffre- fort numérique.

Le coffre-fort numérique (tel que Legapass) permet de faciliter la transmission de vos données personnelles.

Dans un premier temps, vous allez renseigner toutes les informations d’accès à vos services numériques, pour créer votre coffre-fort hors ligne.

Dans un second temps, vous indiquerez l’identité de vos légataires.

À tout moment, vous pouvez ajouter des instructions et des volontés à vos enregistrements, par le biais d’une connexion à distance.

Après votre décès, le service informera vos ayants-droits de l’existence de ce coffre-fort.

En utilisant ce procédé, vous vous assurez de léguer vos données en toute sécurité, de respecter vos volontés et surtout le devenir de vos données numériques.